6 au 11 juin

J’ai commencé à m’intéresser «plus sérieusement» à la pêche vers l’âge de 12 ou 13 ans. J’écoutais, regardais et lisais tout ce que je pouvais trouver au sujet de mon sport. Parmi les reportages qui ont toujours attiré mon attention, il y avait ceux qui portaient sur les lacs Albanel et Mistassini. C’était mon rêve de pouvoir pêcher sur ces fabuleux plans d’eau et tenter ma chance avec les magnifiques poissons qui y nagent. Gars chanceux que je suis, j’ai eu cette opportunité cette année. Dans le cadre d’un tournage pour mon prochain dvd (Technique de pêche à la truite mouchetée), nous sommes allés croiser le fer avec les grosses mouchetées du Albanel mais aussi avec les grises, brochets et dorés de ce majestueux lac.

Notre défi est grand. Je n’ai jamais pêché cet immense lac et surtout, il n’y a que trois jours de pêche à l’horaire. Nous ne sommes pas non plus accompagnés d’un guide familier avec le lac alors nous avons du pain sur la planche!

Je serai accompagné de Marc-André Tremblay, pêcheur professionnel, guide de pêche et enseignement au CFP de La Baie. Pour les deux premiers jours de pêche, nous aurons aussi le plaisir de pêcher avec Catherine Jobin, directrice-adjointe des réserves fauniques Assinica et des lacs Albanel-Mistassini et Waconichi. Notre caméraman André Gervais prend la relève d’André Brisset qui ne peut être présent pour des raisons de santé. Tout le monde est prêt pour la Grande Aventure du lac Albanel alors allons-y…

Arrivée sur place le dimanche

La voyage s’est fort bien déroulé pour se rendre jusqu’au poste d’accueil de notre réserve faunique hôte non loin de Chibougamau. Nous y cueillions au passage Catherine. Il reste ensuite la route de gravier de plusieurs dizaines de kilomètres qui mène jusqu’au lac Albanel. Nous avions pris les précautions d’usage comme vous pourrez le juger sur la photo qui suit. J’avais pris soin de m’acheter des toiles de protection pour couvrir complètement mon bateau. De cette façon, la peinture de ma coque de bateau devrait demeurer intacte. Ces toiles, de marque Les Enveloppes Universelles, ont fait un travail remarquable. Je suis arrivé au lac Albanel avec un bateau en parfait état. Notre vitesse de croisière variait de 70 à 80 km/h sur le dit chemin de graviers. Bref, la route était vraiment belle. Je crois que le peu de pluie que nous avons eu ce printemps y ait aussi pour quelque chose.

 

 

Arrivés sur place, nous faisons le «tour de proprio» avec Catherine. Deux descentes de bateaux bien protégées des vents, un beau grand quai, un bloc sanitaire propre et bien entretenu avec toilette et douche; tout y est. Oups, j’allais presqu’oublier la «cabane» à poisson comme on l’appelle généralement. Oh, ici je vous assure que c’en est toute une. D’abord, elle est très grande et peut accueillir un grand nombre de pêcheurs à la fois; électricité (pour les couteaux à fileter électrique), eau courante, éclairage avec fluorescent et tout est super propre. C’est vraiment des installations de première classe. Il reste à s’en servir!

1e journée de « Pêche » au Lac Albanel

Ce matin, déjeuner, mise à l’eau, préparation de l’équipement etc. Finalement nous avons mis notre première ligne à l’eau à 12h30, à 12h35 j’avais déjà une belle mouchetée de 2 ¾ livres au bout de ma ligne, capturée longue ligne avec une « Husky Jerk Argent-Noir ». Mais pour ceux qui me connaissent, homme galant de ce monde (!) : toujours les dames d’abord… je n’ai pas ferré mon poisson (Bravo Dan!) qui s’est décroché à quelques pieds du bateau. Tout ça, bien sûr (!), pour laisser toute la place à Catherine qui nous accompagne en ce début de séjour. Le vent est assez puissant aujourd’hui et cela nous confine à des sections du lac abritées du vent car ne l’oublions pas, nous sommes ici en tournage et impossible de le faire dans deux ou trois pieds de vague. Finalement Catherine a tardé un peu à prendre la première prise, politesse oblige Marc-André et moi gardions nos leurres hors de portée des truites (!), la première mouchetée s’est donc fait attendre pas mal.

Nous avons tout à découvrir de ce lac alors nous avons fait de multiples « spots » de pêche, avec de multiples leurres, à de multiples vitesse de traîne, dans de multiples « vagues », en vain en ce qui concerne la mouchetée. En fin de journée nous avons choisi d’aller capturer quelques délicieux dorés du Nord pour se faire une bonne bouffe. La séquence de pêche qui suit s’est avérée absolument mémorable. Nous avons fait une des pêches les plus « phénoménal » que j’ai vu au doré. Nous avions quatre lignes à l’eau (le caméraman a bien le droit de s’amuser lui aussi!) Nous pêchions à la traîne et je vous assure, il n’y a pas eu une minute sans capture! Nous avons eu des séquences de doublés, triplés et même de quadruplés. Les quatre pêcheurs avaient un doré au bout de la ligne en même temps! Incroyable! Nous avons remis à l’eau la plupart des poissons sinon notre limite eût été atteinte dans le temps de le dire. Je vous le dis, PHÉNOMÉNAL! Selon notre décompte, nous avons capturé environ 50 dorés en une heure de pêche et à la traîne svp! C’est une des séquences de pêche la plus intense qu’il m’ait été donné de vivre. Ajoutons à cela que Marc-André a soutiré des eaux du lac un très beau de doré de plus de 5 livres. Wow! Au niveau des leurres quelques modèles différents ont été testés mais la palme est revenu facilement à un des leurres favoris à Marc-André et à moi: le Flicker Shad.

Les gens qui veulent avoir du plaisir à pêcher le doré, le Lac Albanel est vraiment dans une classe à part. Nous avons simplement pêché non loin de l’embouchure de la rivière Témiscamie, un secteur peu éloigné du camping. Le leurre qui a eu le plus de succès et de loin, a été le Frenzy Flicker Shad de couleur Argent-Noir.

Finalement nous avons eu droit à un copieux souper de dorés apprêté par Marc-André avec une recette de Dan Gagnon (directeur de la Réserve Faunique de Matane). Une recette très spéciale ou des croustilles au BBQ, au Ketchup et au Sel marin et poivre sont partie intégrante de la recette. Une belle journée de pêche qui s’est terminé d’incroyable façon. Un succulent souper de doré frais du jour, en très agréable compagnie, le tout sur les rives d’un des plus beaux lacs du Québec. Wow, n’est-ce pas que c’est ça la vraie vie!

2è journée sur le lac Albanel

Aujourd’hui nous poursuivons notre exploration de ce beau grand lac. Nous avons notamment prospectés le secteur de la Baie-Vaillant. Cela nous a valu nos premières mouchetées. C’est notre « directrice » ou plutôt la « directrice-adjointe » mademoiselle Jobin elle-même qui a brisé la glace avec la première truite mouchetée. Nous avons trouvé des mouchetées sur des structures assez semblable : des secteurs très rocheux, avec une pente abrupte où le vent venait mourir. La stratégie était donc de construire là-dessus et d’essayer de trouver d’autres structures de ce type.

Au niveau des leurres, la truite de Catherine a été capturé sur une cuillère ondulante légère de marque Sutton que j’avais préalablement modifiée en lui ajoutant une bande noir sur l’épaule pour imiter un petit poisson argenté à dos noir. J’ai utilisé du «tape» électrique (!) pour faire cette modification. C’est cool quand ça marche! L’autre truite a été capturée par Marc-André avec un tout petit modèle de poisson-nageur Frenzy. La plus grosse des deux faisait environ deux livres et l’autre un peu moins.

Nous avons eu aussi le plaisir de capturer plusieurs beaux dorés. En moyenne, ils étaient plus gros que la veille. Quelques brochets sont aussi venus nous surprendre avec leur puissante attaque.

À la fin de la journée, nous avons choisie d’aller tourner un petit « topo » dans le secteur où la veille nous avions fait une pêche incroyable au doré. Histoire de mettre du piquant, nous avons décidé d’essayer de capturer notre limite de 24 dorés (la limite est de huit dorés par pêcheur là-bas) en 24 minutes ou moins… à la traîne! Ça l’air pour le moins exagérée comme commande mais après l’épisode d’hier, on s’est dit que tout était possible…

Eh bien croyez-le ou non, on l’a fait. Nos Flicker Shad subissaient les attaques des dorés presque sans arrêt. Les quelques rares moments d’accalmies étaient compensés par des doublés et des triplés. Vraiment incroyable…24 dorés en 24 minutes! Que dire de plus?

Bref une superbe journée sur le Lac Albanel. Avant d’aller au dodo, je me suis permis une heure ou deux sur le quai a admiré le magnifique ciel étoilé du Nord québécois; des moments magiques s’il en est. Demain, déjà notre dernière journée de pêche, nous allons poursuive le tout et essayer de grossir la mise pour la mouchetée. Aujourd’hui, en discutant avec les autres pêcheurs, nous avons su que la pêche avait été un peu plus difficile. Il s’est néanmoins capturé un magnifique omble de fontaine de plus de 5 livres! Yes!

3e journée sur le Lac Albanel

Notre équipe de pêche est maintenant réduite à deux pêcheurs car Catherine nous a quittée. Toujours très professionnelle et aussi pince sans rire à ses heures, Catherine a tout même capturée notre plus grosse mouchetée à date. Elle va nous manquer!

D’ailleurs, aujourd’hui s’est avéré notre journée de pêche la plus difficile. Nous avions a affronté une journée absolument sans vent et sans nuage avec un soleil de plomb. Clairement, les poissons étaient vraiment peu actifs, toutes espèces confondues. Ce lac est tellement poissonneux que nous avons capturés quelques dorés et quelques brochets malgré tout. Bref, on s’est fait secouer les poignets à quelques prises bien les truites nous aient boudées. Nous avions débuté en réessayant les secteurs où nous avions pris nos premières truites mouchetées en se disant qu’elles ne devaient pas être les seules là. Finalement, cela ne s’est pas avéré une bonne stratégie. Nous n’avons pas réussi à capturer de truites dans aucun de ces endroits-là. Oups…

Notre problème actuellement c’est que nous avons de la difficulté à localiser les concentrations de truites. Le lac est à un niveau très bas (3 ou 4 pieds plus bas) ce qui a rendu la pêche beaucoup plus difficile au dire des nombreux pêcheurs avec qui nous avons bavardé. De ce fait, l’eau s’est aussi réchauffée beaucoup plus rapidement. Poissons peu actifs plus méconnaissance du lac est un dangereux mélange en tournage! Une journée somme toute, difficile, à l’image des conditions auxquelles nous sommes confrontées.

Théoriquement, notre séjour de pêche est terminé. Nous avions prévu quitter le site tôt demain matin. Après un petit conciliabule, on convient de tenter le grand coup en se levant très tôt (lire 3h30!) et pêcher jusqu’à 10 :00 avant de redescendre vers le Sud. Plusieurs pêcheurs sont venus me jaser à notre campement. Ça été vraiment plaisant d’échanger avec eux. A un certain moment donné, c’en était même cocasse, je ne trouvais pas le temps de préparer mes lignes pour le lendemain. Je n’étais même pas capable d’entrer dans notre carré de tente pour aller souper, il y avait toujours des gens. Mes comparses sont mêmes venus me porter mon assiette de doré dehors pour que je puisse manger. Deux pêcheurs de deux groupes différents nous ont même recommandé un secteur de pêche pour notre petite excursion du lendemain… le même endroit dans les deux cas. Nous n’avons pas le choix… on va là! Nous avons deux objectifs en tête soit battre la marque de Catherine et emmagasiner des images de capture de truites mouchetées ou encore ou encore capturer notre première truite grise.

4e journée : un peu de pêche et malheureusement le moment du départ

Nous avons commencé par la structure qui nous avait été recommandée par deux groupes de pêcheurs différents, C’est une longue pointe qui s’avance vers le large située dans le secteur de l’Ile Nantais. Après 15 ou 20 minutes de pêche, boum… ça mord. Ça se bat comme une truite… mais pas tout à fait…! Finalement, c’est une truite grise qui se pointe au bateau. Notre première du voyage, pas tellement grosse cependant. Puis six minutes plus tard, une deuxième grise, un peu plus pesante, dans les environs de 3 ½ livres. Cool! Nous étions contents car nous n’avions pas d’images de grises pour notre reportage. Nous avons insisté un peu sur ce secteur avant de convenir que c’était probablement davantage un secteur à grise. Nous avions donc intérêt à changer de secteur pour augmenter nos chances avec la mouchetée. Nous sommes donc retournés sur les lieux où j’avais échappé une mouchetée lors de la première journée de pêche. Aujourd’hui, c’était encore une de ces journées sans vent, sans nuage et avec un gros soleil de plomb. Grrr… mais bon c’est cela.

 

Une fois sur place, on s’est vite rendu compte que la mouchetée était présente dans cette baie. Des gros spécimens de 2 livres à 4 livres se sauvaient du bateau à notre approche. On les voyait clairement dans l’eau, nager tout près du bateau et se sauver à la vue de l’embarcation. Nous en avons vu une quinzaine comme ça à différents endroits dans ce secteur. Par contre, absolument pas moyen des faire mordre. Je savais qu’ils étaient là, donc j’ai pu essayer toutes sortes de choses, allant de l’imitation de sangsues, micro-jig, streamers et quoi encore. Nous avons joué dans tous les répertoires : au lancer, à la traîne, à la dérive rien n’y fit. Aucune attaque! Visiblement ces poissons-là ne se nourrissaient pas. Nous étions à travailler une zone à la traîne où on venait de voir (!) quelques très belles truites, lorsque soudainement ça mord sur ma ligne, une attaque solide, suivie par plusieurs vigoureux coups de tête… Yes! Yes! En voilà une! Au même moment, Marc-André subit une attaque à son tour alors qu’il pêchait à la traîne avec sa canne une mouche. Il y était alors allé d’un magistral élan pour assurer le ferrage qui a fait plier sa canne en deux. Wow… nous avions donc un doublé de truite mouchetée. L’excitation est à son comble dans le bateau. Finalement je suis le premier à ramener le poisson au bateau… « Pouettte, pouette, pouette… c’est un brochet » et c’est la même chose pour Marc-André finalement. C’est alors plutôt un doublé de brochet. Non pas que je n’aime pas pêcher le brochet, au contraire mais nous qui croyons avoir affaire à un duo de mouchetée. Ça reste que ça été vraiment plaisant à vivre, l’émotion était au rendez-vous!

Malheureusement il est déjà 10h, notre heure de départ est arrivé. Nous avons essayé une dernière passe-passe, pour essayer de déjouer les truites, avec un peu de « Power-Trolling », comme je l’appelle. Nous avons pêché à une vitesse très élevée, parfois jusqu’à quatre miles à l’heure revenir ensuite brusquement à deux miles à l’heure, dans l’espoir de provoquer les truites. Il n’y avait absolument rien à faire…

Donc je repars donc du lac Albanel avec des souvenirs assez fantastiques. J’y ai vécu des moments inoubliables. Ça été plaisant à tous les points de vues même si nous avons eu un peu de difficultés avec les mouchetées. Je retiens aussi qu’un séjour de trois jours est nettement insuffisant, six ou sept jours de pêche sont pas mal la norme pour là-bas. Les gens du coin nous expliquaient que c’était un printemps extrêmement difficile. La pêche a été bonne les deux premiers jours et ensuite ça casser immédiatement. L’eau était beaucoup plus basse qu’à la normale (de trois à quatre pieds) et beaucoup plus chaude aussi. Tout le monde m’a dit que j’avais choisi le mauvais printemps pour venir découvrir le Lac Albanel. Cela nous a permis tout de même de découvrir une autre facette de ce splendide lac. C’est une vraie boîte à surprise! On ne sait jamais ce qui va mordre : truite mouchetée, truite grise, doré ou brochet. C’est cool! Pour le doré, il y a véritablement des secteurs où la pêche est rien en bas de phénoménal. Beaucoup d’action, beaucoup de plaisir et nous revenons avec un beau reportage multi-espèce sur le lac Albanel.

Ceci étant dit, il me manque toutefois une mouchetée format «Albanel» genre quatre livres et plus alors mon cher lac Albanel… nous allons nous revoir!

En terminant, je m’en voudrais de ne pas souligner le bel accueil que nous avons eu du personnel sur place; merci à Janic, Magda, Pierre-Luc et Sonia pour votre excellent travail. Ce fût un réel plaisir chaque jour de croiser Janic sur le site et d’échanger avec lui. Il faut souligner aussi la gentillesse et l’attention de Magda pour que le séjour des visiteurs soit des plus agréables. Continuez votre bon travail et au plaisir de vous revoir.

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2 Commentaires

  1. Danny Auger

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